UN GRAND
BONHEUR TOUT BLANC...

Montbéliard sous la neige

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Rédigé pour un ouvrage sur la ville de Montbéliard (éditions Créaphic).

Avouons-le : lorsque l’on présente une ville de l’Est de la France, la tentation est grande de n’en donner qu’un portrait ensoleillé. Les images des dépliants touristiques nous dépeignent d’éternels étés sur fond d’azur immaculé.

Les vérité est plus diverse, et plus riche aussi. Notre climat continental est rude mais il nous offre le privilège de saisons franches. Le printemps est rieur, il éclabousse le paysage de mille couleurs. Nos étés sont souvent très chauds et les terrasses des restaurants nous invitent à des soirées sans fin. L’automne vient ensuite allumer son lent brasier en une flamboyante apothéose.

Elles sont belles ces saisons ! Elles soulignent la générosité de cette nature qui fait de la Franche-Comté une destination phare du tourisme vert. Et l’hiver ! Cet hiver que l’on n’ose pas mentionner lorsque l’on n’est pas une station de ski ? Et bien est sévère cet hiver. Il arrive même qu’on le trouve long… vers la fin.

Pourtant il nous peint de jolis tableaux lorsque le givre et la neige se mettent de la partie. Il est même probable que l’apparition des premiers flocons soit l’événement saisonnier qui nous marque le plus (souvenez-vous).

Généralement, l’odeur de la neige précède de quelques jours ce petit miracle répété. Et les tourbillons légers qui balancent dans l’air ces premiers points blancs semblent nous enrouler dans l’étranger sensation d’enfance.

Il est bien rare qu’on ne prenne pas le temps de les regarder virevolter ces flocons tout neufs qui ne se décident pas à toucher le sol.

Les anciens s’accordent à dire que la neige n’est plus aussi abondante que par le passé. C’est peut-être pour cela que nous rêvons secrètement, certains soirs, de nous réveiller au matin dans une ville totalement assourdie par la plus épaisse couche de neige que l’on aurait vue depuis… Alors, avant même de se lever, on tend l’oreille, espérant ce silence total, promesse de rues désertes, envahies de blanc, voitures avalées par la neige.

Quand cela arrive (c’est malheureusement de plus en pus rare), on aimerait, ces matins-là,  qu’une panne divine vienne couler au hangar la terrible division des chasse-neige. Ne pas revoir le bitume, n’entendre que les pas qui crissent et les voix des piétons, juste une journée. Grimper avec les enfants jusqu’au parc des Miches pour voir les toits et le château coiffés de blanc. Se promener dans les rues de la vieille ville et se dire que l’on a remonté le temps, le temps d’avant les voitures. Laisser ses pas sur les trottoirs encore vierges. Mais les chasse-neige sont en forme après un repos de trois saisons. Alors on part tout de même travailler. On roule au pas, par prudence, mais aussi pour prendre le temps de rêver encore un peu. Que font les canards du parc Près la Rose un jour pareil ? Si seulement la neige pouvait rester jusqu’à l’ouverture du marché de Noël…

Dans la cours de l’école maternelle du Parc, des bonnets et des écharpes de toutes les couleurs virevoltent autour d’un bonhomme de neige tout neuf qui attend sn nez et ses boutons. Les marronniers sont ouatés, comme dans un tableau naïf.

Pourvu qu’elle tienne…

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