RECHERCHE
ET INNOVATION

Rattraper le terrain perdu

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Pour le Conseil économique social et environnemental de Franche-Comté.

L’INNOVATION FERTILISE L’AVENIR

En dépit de performances remarquables dans certains secteurs de l’économie, la France est aujourd’hui en retard en matière d’innovation. Le mal se lit un peu partout, dans les statistiques de dépôts de brevets, dans les chiffres d’investissement en Recherche-Développement des entreprises, dans ceux de la balance du commerce extérieur. En 2004, le Rapport pour un écosystème de la Croissance soulignait que « la perception d’une France trop peu compétitive repose avant tout sur son faible positionnement dans le domaine de l’innovation. » Plus récemment, le rapport de la Mission sénatoriale d’information sur la désindustrialisation des territoires soulignait lui aussi les défauts de notre système d’innovation.

 Car il s’agit bien d’un système, qui comporte la sphère Recherche et Enseignement Supérieur et, mais aussi le monde économique, et, de plus en plus, les territoires.

 C’est en redynamisant cette relation, en la réinventant, que l’on pourra regagner le terrain perdu en termes de compétitivité et d’attractivité. C’est un chantier que chacun s’accorde à reconnaître comme prioritaire, en France mais aussi à l’échelon européen car l’Union Européenne dans son ensemble subit durement la concurrence d’un monde désormais multipolaire. Beaucoup de choses ont été décidées au cours des dix dernières années. Beaucoup reste à faire.

C’est dans ce contexte que le Conseil économique, social et environnemental a décidé de porter un éclairage pédagogique sur ce thème de la Recherche et Enseignement Supérieur en Franche-Comté et sur l’importance de ses enjeux.

 

LE SYSTÈME RECHERCHE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EN FRANCE

Chaque année depuis 2003, on commente beaucoup le classement de Shanghai, ce palmarès des Universités qui souligne douloureusement la rareté des établissements français dans le haut du tableau. Malgré des critères contestables, ce classement a eu le mérite d’éveiller les consciences.

 Un monde trop cloisonné et trop complexe

 La France voit double

Le système français souffre d’une dichotomie entre les écoles d’ingénieurs et de commerce, sélectives et spécia­lisées, d’une part, et l’Université pluridisciplinaire d’autre part. Nous vivons avec des systèmes de formation, des modes de financement et de sélection différents, voire concurrents sinon contradictoires. Parce qu’ils ne sont pas formés au même endroit, le chercheur et l’ingénieur sont rarement amenés à réfléchir et à travailler ensemble. Et l’on trouve encore trop peu de recherche dans les écoles d’ingénieurs et de commerce qui pourtant forment l’essentiel des cadres de l’industrie et de l’État.

 La Recherche est un peu trop réactive. 

Pendant les « 30 glorieuses », ce sont des ingénieurs qui ont construit les centrales nucléaires, l’Airbus, la fusée Ariane, le TGV… La recherche privée a tenu une place importante dans ces domaines de pointe, notamment lorsqu’elle était fortement soutenue par de grands programmes d’État.

En comparaison, la France a singulièrement manqué de réactivité dans les domaines de l’électronique et de l’internet. Cela s’explique en partie par le fonction­nement sectoriel de la recherche. En dépit de la qualité de leurs travaux, les laboratoires, sous tutelle des grands organismes nationaux, ont des relations très exclusives avec eux.

 Un fossé culturel entre l’Université et l’entreprise

Le système universitaire français est pénalisé par sa propre complexité. La défense jalouse de chasses gardées, de prés carrés se traduit pas une fragmentation des ressources financières et intellectuelles. La conséquence en est un manque de visibilité que l’on retrouve dans les classements internationaux. Mais cette complexité a une autre conséquence : elle freine le lien, pourtant vital, avec le monde économique. Les entreprises ne peuvent s’accommoder des « logiques » en vigueur dans le secteur public de la recherche.  Les partenariats trop complexes dissuadent ou découragent. La moindre collaboration, le moindre accord de licence fait intervenir une multitude de partenaires publics. Les deux mondes ne se comprennent pas, d’autant que, souvent, les échelles de temps ne sont pas les mêmes.

Des stratégies et des réformes en cascade

Initiatives européennes

La reconquête de l’excellence ne concerne pas seulement la France. C’est aussi un enjeu majeur à l’échelle de l’Union Européenne. Le processus de Bologne (1999) - Il est à l’origine du système Licence-Master-Doctorat (LMD). Son objectif : faciliter la lisibilité et la reconnaissance internationale des diplômes, favoriser la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs, assurer la qualité des enseignements dans une dimension véri­tablement européenne.

La stratégie de Lisbonne (2000) – Il s’agissait notamment de « préparer la transition vers une économie fondée sur la connaissance, au moyen de politiques répondant aux besoins de la société de l’information et de la recherche et développement ».

La Stratégie Europe 2020 – Autre stratégie de coordination des politiques économiques au sein de l'Union européenne. Elle est axée sur les investissements dans la recherche et l’innovation, la croissance verte ou encore l’éducation et l’emploi.

Les initiatives d’excellence - Adopté par plusieurs pays européens, ce dispositif permet de « récompenser » des projets allant dans le sens souhaité d’un fort niveau de coopération et d’intégration (entre écoles, universités et organismes de recherche), et d’un fort niveau de cohérence territoriale (en prise avec l’environnement économique). En France, un fonds de 7,7 milliards d’euros sera consacré à l’action Initiatives d’excellence, pour faire émerger 5 à 10 pôles pluridisciplinaires de recherche et d’enseignement supérieur, de rang international.

 

En France

La dernière décennie a été riche en réformes et initiatives diverses.

Votée en 2007, la loi LRU (Loi relative aux libertés et responsabilités des universités) poursuit trois objectifs : rendre l'université attractive, sortir de la paralysie de la gouvernance actuelle, et rendre la recherche universitaire visible à l'échelle internationale. Elle prévoit, d’ici 2013, que toutes les universités pourront devenir propriétaires de leurs biens immobiliers, et qu’elles pourront accéder à l’autonomie dans le domaine budgétaire et dans celui de la gestion des ressources humaines.

 D’autres mesures ont été prises et d’autres outils ont été mis en place pour rationnaliser et redynamiser le système ES-R. Parmi ceux-ci, on peut retenir :

- Le Schéma régional de l’enseignement supérieur et de la Recherche (SRESR), déjà adopté par quelques Régions.

- les Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES), qui visent au regroupement des universités selon des logiques de territoire,

- l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES),

- les Établissements publics de coopération scientifique (EPCS),

- les Fondations de coopération scientifique (FCS).

- Les Initiatives d’excellence (Idex)

- Les Laboratoires d’excellence (Labex)

- Les Sociétés anonymes de transfert de technologie (SATT)

En 2008, le gouvernement lançait le Plan Campus qui se donne pour objectif de faire émerger douze pôles universitaires d’excellence de niveau international, grâce à des dotations exceptionnelles.

 

Des résultats en demi-teinte

Trop flou, trop lent

En dépit de toutes ces transformations, le système reste encore très complexe, et les synergies nécessaires peinent à se déployer. Des entités changent de nom, ou de tutelle, ou de missions, ou de gouvernance… D’autres voient le jour avec des feuilles de route incertaines. Les tentatives de rapprochement, de coopération, butent encore souvent sur des rivalités institutionnelles ou territoriales. La bureaucratie ne s’allège pas vraiment.

Des réformes nécessaires ont été adoptées mais la révolution culturelle reste à faire. Elle est d’autant plus nécessaire que le France est une puissance industrielle de premier plan. L’avenir de cette industrie dépend en premier lieu de sa capacité à renforcer et déployer sa recherche.

 Des moyens toujours moyens

La stratégie de Lisbonne n’a pas vraiment atteint ses objectifs : les dépenses de recherche et de développement (R&D) qui devaient représenter 3 % du PIB de chaque pays s’élèvent aujourd’hui en moyenne à 1,9 %. L’écart continue de se creuser avec les États-Unis.

 Les PRES, quelle évolution ?

Comment restructurer un paysage français composé de 80 universités, plus de 20 organismes de recherche et des dizaines d’écoles afin d’améliorer le rayonnement international du système ? Les premiers PRES ont été créés en 2007. 21 PRES ont été créés depuis 2006 (parmi ceux-ci, le PRES Bourgogne / Franche-Comté).

Leur bilan est nuancé. Les défenseurs de l’autonomie des universités pluridisciplinaires soulignent la contradiction qui existe à mettre en place une stratégie cohérente d’établissement et simultanément d’en déléguer une partie à une structure de mutualisation avec d’autres établissements. Par ailleurs, tous les établissements n’ont pas la même vision de ce que pourrait être un PRES : un pas vers la fusion ? Un simple outil de coordination ?

 

LE SYSTÈME RECHERCHER ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EN FRANCHE-COMTÉ

 

Les atouts et les forces en présence :

· Une université de plein exercice (UFC) de type pluridisciplinaire, avec un domaine santé, qui comporte six UFR, deux IUT, un IAE, un IUFM et une école interne d’in­génieurs (ISIFC), un Observatoire, un CHU.

· Une université technologique (UTBM) parmi les 3 UT en France qui délivre diplômes d’ingénieurs et de masters sur 3 sites dans le nord de la Franche-Comté (Belfort, Sévenans et Montbéliard).

· Une école d’ingénieurs (ENSMM) rattachée à l’UFC.

· 30 équipes de recherche reconnues dont 10 unités de recherche associées aux grands organismes (voir encadré)

· La présence de 4 Pôles de compétitivité : Microtechniques, Véhicule du futur (avec l’Alsace), Plastipolis (avec Rhône Alpes) et Vitagora (avec la Bourgogne). Les trois établissements d’ES-R développent des relations de plus en plus étroites avec ces pôles, en lien avec les entreprises.

· Un incubateur d’entreprises innovantes qui, depuis sa création en 1999, a favorisé la création à 34 sociétés.

· Un institut de transfert de technologie, l’Institut Pierre Vernier (IPV)

· La présence du Centre de Linguistique Appliquée (CLA) qui reçoit chaque année 4000 stagiaires étrangers et qui bénéficie d’une remarquable aura internationale (que peu soupçonnent en Franche-Comté).

 

Une forte culture industrielle

La Franche-Comté se place au 5e rang parmi les régions françaises en pourcentage du PIB investi dans la recherche. Cette performance, la région la doit aux investissements en recherche et développement de quelques grandes entreprises industrielles qui masquent la trop faible présence de grands organismes publics de recherche comme le CNRS. Sa position géographique au carrefour des grands axes européens, et sa proximité avec la Suisse et l’Allemagne, sont également de précieux avantages.

 

Le PRES Bourgogne / Franche-Comté lancé en 2007

Préfigurant un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur, l’Université de Franche-Comté et l’Université de Bourgogne signaient en mai 2007 une conven­tion liant l’avenir des deux établissements. Après trois années d’un travail soutenu entre les deux communautés universitaires, élargi début 2010 aux Écoles d’ingénieurs associées ainsi qu’aux représentants po­litiques et économiques des deux régions, un nouveau projet ambitieux a pris forme et a abouti à une structuration originale.

- Une Fondation de coopération scientifique (FCS).

Cette structure opérationnelle est chargée de réunir des fonds pour assurer le développement de projets d’intérêt commun. C’est elle qui porte tous les projets initiés dans le cadre du PRES.

La Fondation, officiellement créée le 17 décembre 2010, a son siège à Dijon. Les membres fondateurs sont :

- l’Université de Franche-Comté,

- l’Université de Bourgogne,

- le CHU de Besançon,

- le CHU de Dijon,

- AgroSup Dijon (Institut national supérieur des sciences agronomiques, de l’alimentation et de l’environnement),

- l’ENSMM de Besançon (École nationale supérieure de mécanique et des micro­techniques),

- l’EFS (Établissement français du sang) commun à la Bourgogne et à la Franche-Comté,

- le Centre Georges-François Leclerc, centre de lutte contre le cancer de Bourgogne.

Les collectivités territoriales sont fortement impliquées dans la FCS, en particulier les Régions Franche-Comté et Bourgogne et les communautés d’agglomérations. L’UTBM et l’UTT lui sont associées, tout comme les organismes de re­cherche nationaux CNRS et INSERM. Les cinq pôles de compétitivité des deux régions, représentant plus de 1000 acteurs économiques, sont engagés dans le partenariat, ainsi que de nombreuses entreprises.

 - Une Université fédérale.

Aujourd’hui constituée sous la forme d’une association loi 1901 dont le siège est à Besançon, elle a pour finalité de proposer et de conduire les actions de développement dans tous les domaines universitaires, d’as­surer lisibilité et attractivité pour les étudiants comme pour les enseignants-chercheurs, d’étudier l’ensemble des opérations nécessaires à la création d’un établissement universitaire interrégional Bourgogne/Franche-Comté.

En sont membres :

- l’Université de Franche-Comté,

- l’Université de Bourgogne,

- AgroSup Dijon (institut national supérieur des sciences agronomiques, de l’ali­mentation et de l’environnement),

- ENSMM de Besançon (École nationale supérieure de mécanique et des micro­techniques),

Les chiffres clés 2010 :

- 54 000 étudiants dont 7 000 masters, 6 000 élèves ingénieurs et 2 200 doctorants,

- 69 équipes de recherche labellisées,

- 800 formations,

- 3 500 enseignants-chercheurs et enseignants et 2 200 personnels administratifs et techniques.

 

Les faiblesses et les lacunes du système franc-comtois

 

Le rapport mitigé de l’AERES

Les rapports d’évaluation d’avril 2011 de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) et de l’Inspection générale donnent les conclusions suivantes :

- des forces de recherche attestées, dégageant de réelles spécificités, soutenues par une politique volontariste de restructuration des laboratoires autour des axes forts dans tous les secteurs, qui a contribué à l’émergence de programmes transdisciplinaires innovants,

- une dynamique de rapprochement avec la Bourgogne, accélérée par le processus de constitution du PRES Bourgogne Franche-Comté,

- la force des sciences fondamentales et de l’ingénieur et des formations professionnalisantes en lien avec l’économie locale.

Mais  le rapport del’AERES soulignait aussi :

- un manque de cohérence des stratégies et des offres de formation entre les établissements, conséquence directe de l’absence de politique de sites et du manque d’entente entre les établissements,

- peu de recherche en gestion à l’Université, élément pénalisant en particulier pour les niveaux ingénieurs et masters,

- une proportion des étudiants en licence beaucoup plus forte que la moyenne française mais un peu plus faible dans les niveaux master et doctorat,

- la sociologie régionale des bacheliers : un pourcentage de bacheliers technolo­giques plus fort que la moyenne nationale induisant un taux d’entrée à l’université plus faible,

- un taux d’étudiants internationaux qui reste encore faible au regard de celui d’autres villes de province,

- une concurrence forte des pôles extérieurs à la Franche-Comté : Strasbourg, Lyon, Ile-de-France.

 Les grands organismes peu présents

CNRS, INRA, INSERM, CEA, INRETS… ils sont gage de reconnaissance et d’une visibilité internationale à travers des chaires d’excellence. Le nombre de chercheurs est modeste. Au niveau du CNRS, cette proportion est inférieure à celle de la plupart des régions. Les autres organismes sont peu ou pas présents.

 La PME franc-comtoise trop éloignée du labo

En dépit de la présence de 4 pôles de compétitivité, les partenariats de recherche avec les PME sont rares. Cette pauvreté des échanges a deux causes :

·       Contrairement au modèle allemand où les PME sont parrainées par les grosses entreprises et très intégrées dans le système d’innovation, les PME françaises (et notamment Franc-comtoises), restent souvent en dehors du jeu, le terme de « sous-traitance » lui-même évoquant une relation plus souvent subalterne que partenariale.

·       Par ailleurs, la complexité de la sphère universitaire est souvent vécue comme un obstacle par les dirigeants de PME.

 Une gouvernance toujours trop complexe

Globalement, les réformes successives du système n’ont pas beaucoup réduit sa complexité. Il gagne très peu en lisibilité et la gouvernance reste trop souvent nébuleuse.

Deux exemples illustrent ce problème récurrent :

En Franche-Comté, l’Institut Carnot FEMTO-Innovation, dont la labellisation reçue en 2006avait été prolongée en 2010, n’existe plus. Pour afficher un projet ayant une taille critique suffisante (en chiffre d’affaires), un dossier commun avait été proposé avec l’UT de Troyes. Un des motifs principaux de non reconnaissance réside sans doute dans le type de gouvernance qui en est résulté.

• L’institut Pierre Vernier (IPV) est le Centre Régional de Transfert de Technologie. Fédérant les différents centres de transfert, il a pour mission de rapprocher laboratoires et entreprises. Il est le pivot du système d’in­novation, son rôle est vital. Quatre ans après sa création, il a fait pourtant l’objet d’un audit (sollicité par la Région) destiné à clarifier son positionnement et ses missions.

 

Les conditions de la réussite

 

Intensifier les relations de proximité

Aujourd’hui, le processus d’innovation doit être perçu comme un écosystème interactif.

C’est au niveau local que peuvent  se former des réseaux de créativité entre les domaines scientifiques et économiques, entre le concret et l’abstrait, entre les idées et le marché. La proximité géographique induit une proximité culturelle qui facilite la compréhension mutuelle. Qui facilite aussi la rapidité des décisions, dans un contexte concurrentiel où la vitesse de réaction est l’un des critères de la performance.

 Renforcer l’attractivité résidentielle

L’étudiant confronté au choix d’une formation, ou le chercheur confronté à un choix professionnel, se déterminera AUSSI sur des critères résidentiels (les services urbains, au sens le plus large du terme). La qualité de vie, souvent vantée par la Région Franche-Comté et sa capitale doit être mieux promue et renforcée. La solution peut être la signature de « contrats de site » entre l’ES-R, les collectivités et les acteurs socio-écono­miques.

 L’accueil des étudiants et chercheurs étrangers.

Dans un monde de plus en plus mobile, les acteurs « de passage » sont autant d’ambassadeurs dont il faut faciliter l’accueil et l’intégration, matérielle ou familiale.

 Clarifier l’offre de formation.

Il faut clarifier et simplifier l’offre régionale de formation, en la construisant en lien avec les partenaires socio-économiques et en la structurant autour des points forts de la recherche. Une réalisation d’une « cartographie exhaustive » des filières d’enseignement supérieur permettra de la promouvoir et d’en démocratiser l’accès et la réussite.

 Intensifier les liens avec la Suisse

Inscrits dans les agendas régionaux depuis des décennies, le partenariat avec la Suisse reste modeste. Avec ses nombreux secteurs d’excellence, la Suisse s’inscrit en tête des pays européens en matière d’innovation. Elle attire de nombreux jeunes actifs diplômés en Franche-Comté, prouvant en cela la qualité de nos formations. L’ES-R, dans une perspective Axe Rhin-Rhône, est probablement la clé la plus pertinente pour resserrer les liens.

 Développer la transdisciplinarité. Ce processus d’intégration et de dépassement des disciplines est vital pour la compréhension de la complexité du monde contemporain. Cette transdisciplinarité qui est déjà l’un des atouts du système universitaire franc-comtois, doit être encore renforcée et développée à une échelle plus large, interrégionale notamment.

 Communiquer pour partager une vision commune. Un système d’innovation territorialisé ne peut être performant que si chacun des acteurs visualise clairement les enjeux, les objectifs et la mécanique d’ensemble. Beaucoup des changements attendus sont culturels. La stratégie exprimée au fil des divers rapports doit faire l’objet d’une promotion continue, permanente et participative (outils numériques, rencontres, événements…).

 Lutter contre les concurrences stériles. Cela passe par l’émergence d’une gouvernance souple, efficace et dynamique, une concer­tation active et une contractualisation effective entre les établissements d’ES-R. Actuellement, deux regroupements sont affichés : l’Université fédérale d’une part (Universités de Bourgogne, de Franche-Comté et établissements associés) et, d’autre part, la stratégie UTBM d’un groupement pour créer l’UTF. Cette dernière perspective semble affaiblie. L’alternative ? L’implication des trois établissements d’enseignement supérieur dans l’Université fédérale.

 Renforcer le PRES Bourgogne / Franche-Comté

Il faut pour cela une im­plication forte du monde socio-économique au sein de la Fondation. Il faut aussi que la coordination existant actuellement entre les deux régions s’ouvre à d’autres acteurs locaux, notamment aux agglomérations sièges de sites universitaires importants et aux acteurs économiques. Cela revient à organiser davantage l’interrégional.

 Adopter un Schéma directeur régional de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Piloté par le Conseil régional en coordination avec l’État, ce Schéma a déjà été mis en œuvre dans d’autres régions (Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes…). Sa formalisation doit associer tous les acteurs concernés et mettre ainsi en lumière une véritable et indispensable stratégie régionale en matière d’ES-R et innovation.

 

 

 

 

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